Maison à cloisons invisibles (1955)

 

Maison à zones de température, de couleur, de lumière et de sonorité différenciées,
créée par Nicolas Schöffer
réalisée et présentée en 1957 au Salon International BATIMAT des Travaux Publics et du Bâtiment (Paris),
en collaboration avec les sociétés Philips et Saint-Gobain
.

Destinée à une famille avec enfants, cette maison à cloisons invisibles permet à chacun de respecter les goûts et les besoin de l'autre.

Vue extérieure de la Maison à cloisons invisibles (1957)
Vue extérieure
 

L'idée de Nicolas Schöffer: faire communiquer, dans une même habitation, deux pièces offrant des ambiances totalement opposées, l'une chaude (35° à 40°), brillante, lumineuse, sonore, aux tons chauds (à droite sur les deux photographies ci-dessus), l'autre fraîche (18° à 20°), silencieuse, aux tons froids (à gauche sur les deux photographies ci-dessus), et cela sans faire appel à la moindre cloison de séparation.

 

Vue intérieure de la Maison à cloisons invisibles (1957)
Vue intérieure


D'un côté, les parents dans une atmosphère fraîche et silencieuse, à l'éclairage bleuté.
De l'autre, les enfants dans une ambiance chaude, bruyante et colorée.
Entre les deux, seul le passage physique est possible. Ni les voix, ni la température, ni l'éclairage ne franchissent le seuil.
On utilisa cette technique pour présenter certains animaux (des serpents,...) au public, sans l'obstacle d'une vitre ou d'un grillage
.

Le Ministre de la Construction et des Travaux Publics de l'URSS, visitant la Maison à Cloison invisible en compagnie de son garde du corps, croyant à une supercherie, voulut procéder à une vérification en changeant de place avec celui-ci, puis, convaincu, sortit une médaille de sa poche et l'offrit cérémonieusement à Schöffer. A la fin du mois d'exposition, cette Maison expérimentale qui avait réuni les recherches de pointe de plusieurs entreprises et coûté beaucoup d'argent devait être démolie comme n'importe quel stand banal...

Extrait de la revue PHIL A PHIL (oct. 1957)

 

La maison "trou de serrure" a étonné 20.000 parisiens - "Trou de serrure=clou. Cette égalité vous étonnera peut-être. Il était cependant possible de la vérifier au Salon International des Travaux Publics et du Bâtiment qui s'est tenu en juin 1957, au Parc de Saint-Cloud, près de Paris. La maison dite "Trou de serrure" était véritablement le "clou" de cette manifestation. Pourquoi "trou de serrure"?

Vue extérieure de la Maison à cloisons invisibles (1957)
Vue extérieure

LE SPATIO-DYNAMISME
Avant de définir ce point, une précision s'impose, concernant ce que le sculpteur Nicolas Schöffer appelle le "spatio-dynamisme". Que ce terme ne vous effraie pas! Par spatio-dynamisme (ou dynamisme de l'espace) on entend vie, mouvement, énergie des éléments naturels qui nous entourent : le vent, le bruit, la lumière, la couleur, pour n'en citer que quelques-uns. L'homme est inévitablement sensible à ce spatio-dynamisme, mais de façon différente, suivant l'âge, le métier, l'état de santé, le caractère. Ainsi, l'homme âgé préfère lire dans le calme, le silence, tandis que le jeune homme préfère travailler au son du dernier disque en vogue. Pour satisfaire à la fois ces deux personnes, il faut donc créer une ambiance pour chacune d'elles.
REALISATION
Les notions de spatio-dynamisme et ses réactions sur l'homme étant ainsi définies,essayons de construire une maison d'une seule pièce dans laquelle existeront deux ambiances très différentes et, point très important, sans faire appel à une cloison de séparation.
Une telle demeure a existé. C'était la maison "spatio-dynamique" de l'Exposition de Saint-Cloud. Les ambiances qui y régnaient étaient l'une brillante, très chaude (35° à 40°), très lumineuse et d'impression de couleurs chaudes à base de rouge et d'orangé ; l'autre, silencieuse, tempérée (18 à 20°), peu éclairée et d'impression de couleur froide (bleu). C'est à la forme "trou de serrure" que présentait la maison vue d'en dessus et à l'utilisation rationnelle des matériaux insonores qu'est due la séparation bruit-silence. C'est un véritable mur de chaleur à rayonnement infrarouge qui établit la séparation chaud-froid. C'est à l'incandescence qu'était demandée l'ambiance lumineuse chaude et à la fluorescence celle à lumière froide. Cette maison, purement expérimentale, aurait pu également s'appeler la "maison des contrastes". Elle prouve que les moyens techniques actuels permettent de réaliser des choses franchement opposées. Mais qui peut le plus, peut le moins. Aussi les architectes trouveront-ils dans cet exemple un élément pour leur faciliter la mise en place du confort dont les hommes sont si avides. Les techniciens de plusieurs grandes firmes ont travaillé en parfait accord à la construction de la maison "trou de serrure". Pour sa part, Philips en a tracé la forme puis assuré la sonorisation, le chauffage et l'éclairage.

 

 

Vue intérieure de la Maison à cloisons invisibles (1957)

Vue intérieure de la Maison à cloisons invisibles (1957)
Deux vues intérieures de la Maison à cloisons invisibles

Extrait de la revue Bonjour Philippine (oct. 1957)

Vingt mille Parisiens se sont, cet été transformés en "passe-muraille". Comment? Tout simplement en franchissant la cloison invisible de la maison "Trou de Serrure", clou du Salon International des Travaux Publics et du Bâtiment.

Cette surprenante habitation expérimentale, née d'une idée du sculpteur "spatio-dynamique" Nicolas Schöffer, déjà connu de nos lecteurs par son robot-danseur CYSP 1 avait été conçue, tant sur le plan architectural que sur le plan technique, par les ingénieurs de la Société Philips.

Vue extérieure de la Maison à cloisons invisibles (1957)
Vue extérieure
De quoi s'agissait-il dans l'esprit de son créateur? De montrer la possibilité de faire communiquer, dans une même habitation, deux pièces offrant des ambiances totalement opposées, l'une chaude (35° à 40°), brillante, lumineuse, sonore, aux tons chauds, l'autre fraîche (18° à 20°), silencieuse, aux tons froids, et cela sans faire appel à la moindre cloison de séparation. C'est la forme en trou de serrure, conjuguée avec l'utilisation de divers moyens techniques, qui a apporté la solution à ce problème original et donné son nom à la maison. La partie arrondie était réservée à la zone chaude. La coloration du sol et des parois, ainsi que l'éclairage, avaient été choisis dans les tonalités chaudes (rouge et orange). Des émetteurs à rayonnement infrarouge donnaient une impression de chaleur, tandis que des colonnes acoustiques diffusaient un fond sonore musical. La partie trapézoïdale qui faisait suite à la première pièce était, au contraire, de couleur froide, l'éclairage étant assuré par des tubes fluorescents bleu actinique. Des appareils spéciaux de conditionnement d'air apportaient leur fraîcheur dans cette ambiance glauque, silencieuse, évocatrice des fonds sous-marins. Entre ces deux pièces, rien, nulle paroi... si ce n'est la cloison invisible, séparant ces deux atmosphères opposées. Le dessin très étudié du plan de cette habitation, ainsi que la direction des flux d'air et l'utilisation de revêtements insonores et calorifuges avaient suffi à créer ce miracle, nouvelle contribution de Philips au confort de tous. Car demain, peut-être, cette formule qui, répétons-le, n'est encore qu'expérimentale, permettra-t-elle aux architectes audacieux de faire naître des habitations où seront conjugués les avantages de la salle commune et des pièces séparées, adaptées au goût de chacun. En attendant, il est déjà possible d'utiliser, séparément, les sources d'éclairage ou les coloris qui donnent l'impression que l'on préfère, qu'elle soit reposante ou joyeuse.

 

Vue intérieure de la partie  
Vue intérieure de la partie "chaude"

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