CYSP 1. 
La sculpture spatiodynamique et cybernétique CYSP
1. est la première sculpture qui réalise dans sa
totalité les principes du spatiodynamisme. Ce mouvement, que
j'ai créé en 1948, a pour but la libération
totale de la sculpture. Les conditions de cette libération
sont:
- la suppression des volumes opaques et l'utilisation exclusive de
l'ossature apparente contrepointée par les rythmes des
éléments plans,
- l'utilisation de la couleur et des sons extraits par percussion de
la sculpture même, enregistrés et diffusés
électroniquement,
- et finalement, le mouvement autonome, organique, disons même
intelligent, grâce à la cybernétique, qui permet
à la sculpture d'offrir aux spectateurs un spectacle toujours
varié et différent réalisant dans un seul objet
une synthèse totale entre la sculpture, la peinture, la
chorégraphie, la musique et le cinéma.
Nicolas SCHOFFER (document d'archives - 1956)
par Eléonore Schöffer
Cysp 1. est visible dans l'atelier du sculpteur, Villa des Arts, à Montmartre, mais elle est actuellement entourée de trop d'oeuvres pour pouvoir évoluer sans risque pour elle-même et pour les autres.
Immobile et "sous le boisseau", Cysp 1. attend donc sa délivrance, dans un espace qui serait à sa convenance, sur un sol blanc pur cerné de noir profond, afin que la sensibilité de ses yeux discerne sans équivoque les moments de ses arrêts, son oreille, elle, n'ayant aucun problème pour percevoir le son qui déclenchera sa danse et ses déplacements.

Oui, CYSP attend. La première sculpture cybernétique autonome de l'histoire attend... comme la Belle au Bois Dormant...
Sa grande soeur de LIEGE a été classée Monument Historique alors que certains voulaient la vendre en tant que structures métalliques à un cirque... On peut se tromper, on peut ne pas voir au fil des années les quelques événements qui marquent les temps forts de l'histoire. Nous sommes tellement myopes...
C'est Norbert Wiener qui donne le coup d'envoi de la "prise de conscience cybernétique" en 1948, avec son livre "Cybernetics and Society" qui ne sera traduit en français qu'en 1949.
Sept ans après, CYSP 1., 1956, marque "artistiquement" la date d'un processus irréversible, et la Tour de LIEGE, 1961, marque le même jalon de l'histoire, mais à l'échelle de ses 52 mètres de haut, on ne pouvait pas ne pas la remarquer... Il fut un temps où l'on dressait un menhir pour marquer ce genre de passage... il en est un, à Carnac, qui a la forme d'une enclume, marquant les prémisses d'un âge du métal qui ne fut actualisé que très, très longtemps après... Un menhir de "visionnaire"...
Cysp 1. est la première... terriblement d'avant-garde encore aujourd'hui, et pourtant déjà "brontosaure" d'une histoire de l'art que nous ne pouvons pas imaginer dans la confusion extraordinaire des valeurs et des critères actuels.
Dans quel Musée du monde se trouvera cette oeuvre-clef d'un avenir hypothétique et mystérieux ?
C'est la question que nous nous posons.
C'est la question que nous vous posons.
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