Exposition du Pont Neuf
2ème partie

Nicolas SCHÖFFER
1912 - 1992
"De la figuration à la cybernétique"

31, rue du Pont-Neuf
75001 PARIS
du 2 avril au 29 mai 1998

Exposition inaugurée le 2 avril 1998 par Madame Jacques CHIRAC, Présidente de l'Association "LE PONT NEUF", en présence de Son Excellence Monsieur Bela SZOMBATI, Ambassadeur de Hongrie en France.

Sans titre

Nous reproduisons ici 16 dessins et tableaux surréalistes de Nicolas Schöffer, avec des extraits du texte de M. Jean FOUACE qui préface le catalogue de l'exposition et des commentaires d'Eléonore Schöffer. 

Double nature homme

LES AUTRES VISAGES DE NICOLAS SCHÖFFER (extraits)

par M. Jean FOUACE

La présentation de quelques dessins figuratifs, mystiques et surréalistes de Nicolas Schöffer constitue un événement artistique sans précédent et révèle pour la première fois à Paris un aspect méconnu de son oeuvre. La courte période durant laquelle il s'y consacra s'étend de l'Occupation à l'immédiat après-guerre, juste avant qu'il ne s'engage définitivement dans ses recherches sculpturales sur le spatiodynamisme et la cybernétique. (...)

Sa rencontre avec André Breton orienta ses travaux vers le surréalisme. Il conviendrait, pour étoffer cette période de retrouver des oeuvres certainement dispersées mais les trente-neuf tableaux présentés à la galerie Breteau en mars 1948 semblent, selon la critique de l'époque et comme le montre la nature morte à la tête de mouton ou le Christ au nez jumelé, avoir été conçus "sous l'influence de Picasso". (...)

La poésie psychanalytique et le relief imaginaire souvent fantastique et cruel du surréalisme l'ont conduit à révéler la nature double et monstrueusement ambigüe de l'homme en contradiction entre le bien et le mal au travers d'une mythologie bachique où s'exercent des tendances les plus folles qu'on trouve également chez Masson ou dans l'oeuvre de Cocteau. La vie et l'aisance pure du trait animent son bestiaire à fantasmes dont bien des esquisses, telles les bacchantes ou les coqs, constituent des oeuvres d'art à part entière.

Jean FOUACE


Double nature chimérique

Commentaire de l'exposition

par Eléonore Schöffer

Les 10 dessins surréalistes visibles actuellement à la galerie du Pont-Neuf, font partie d'un ensemble important qui fut exposé à la Galerie Breteau en 1948 mais fut exécuté avant. N'ont pas été exposés les étranges scènes de "bacchanales", ni les dessins "automatiques" aux courbes colorées, ni encore les compositions plus géométriques ou tendant vers une structure plus rigoureuse. De la même époque datent des peintures surréelles de monstres bifaces, en pâte épaisse aux coloris sombres ou violents qui contrastent aves la douceur du trait des dessins exposés, que la reproduction photographique ne peut malheureusement pas rendre dans toute sa perfection.

A noter que très tôt, le symbole contenant le sens apparaît dans l'oeuvre de Schöffer. Sur la symbolique religieuse classique et la symbolique psychanalytique reçue de Freud qu'il admirait, il greffa son propre langage porteur de sens et d'émotion. Double regard de ceux qui ont la grâce de ne pas être limité par la vision matérielle des choses et du monde, double oreille de ceux qui entendent derrière les mots le chant de l'âme, les cris de détresse et, au-delà des voix animales, l'harmonie de la nature. Doubles aussi ces êtres humains de face, cachant ou révèlant l'animal qui vocifère, cruel, méchant, agressif, venimeux à l'arrière de leur façade, prêt à sortir du silence poli des convenances.

Les animaux sont rares dans l'oeuvre de Schöffer. Néanmoins son séjour forcé et inactif dans les fermes d' Auvergne pendant la guerre, lui aura permi d'observer les bêtes "au point d'avoir appri leur langage", et il imitait volontiers, dans ses promenades la "voix" des animaux qu'il croisait. Il disait "leur parler et être compris par eux.

Il est à remarquer que les quelques "bêtes" de Schöffer sont évoquées avec force dans leurs caractéristiques essentielles, plus que décrites anatomiquement.

Coq vert

Coq bleu

Ces coqs rejoignent l'archétype coq, de même que les deux vaches , les chevaux ou les chiens avec lesquels il s'est, à la manière des maîtres japonais, provisoirement identifié.

Eléonore Schöffer

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