article de Sophie CAMBAZARD paru dans Le Parisien du 5 juillet 1997
Au fond de la cour-jardin, Eléonore Schöffer fait visiter l'atelier de Nicolas Schöffer (1912 - 1992), créateur d'idées cherchant à "changer la vie". Etonnante expérience d'entrer dans le prisme, triangle de verre dans lequel se reflètent des rosaces de cathédrales dans un vide virtuel de 200 mètres de diamètre: "C'était le rêve des maîtres verriers du Moyen Age, mais il leur manquait la technique", confie Eléonore Schöffer. Il devait y avoir un prisme au pied de Saint-Eustache, dans le trou des Halles, mais ils ont rebouché bêtement.
L'immense duplex de 200 m² est rempli d'oeuvres de Nicolas Schöffer, répliques miniatures de sculptures cybernétiques, que l'on peut voir à Liège, San Francisco, Bonn, Munich et Lyon. Mais c'est à Paris que le sculpteur a eu le moins de succès. La Tour Lumière Cybernétique qu'il avait imaginée, symbole de la communication et de l'interactivité, devait dresser ses 307 mètres de spectacle lumineux, de projecteurs et de miroirs d'acier, au coeur du quartier de la Défense. Le projet a été annulé après la mort du président Pompidou. La Tour Lumière Cybernétique devait refléter la vie de la ville, indiquer que Paris était calme ou excitée. Elle était programmée par des informations venant de Paris, les valeurs de la Bourse, la fréquence des ambulances ou les prévisions de la météo. "Une de ses sculptures, Chronos 10, offerte à Chirac dans son musée du Plein Air, quai Saint-Bernard, est vandalisée depuis plusieurs années et n'a jamais été réparée", déplore la veuve de Nicolas Schöffer.