PROJETS / STATUT ESTHETIQUE DE L'ART TECHNOLOGIQUE / BIBLIOTHEQUE DU COLLOQUE
L'art et la science peuvent se situer de diverses façons
l'un par rapport à l'autre. Il peut y avoir
l'indifférence, et pourquoi pas? L'art c'est l'art et la
science c'est la science! Mais il y a aussi de nombreuses
interactions possible.
- La façon la plus immédiate pour l'art et la science
d'interagir, celle qui vient tout de suite à l'esprit, c'est
l'utilisation par les artistes de nouvelles technologies
scientifiques, de l'ordinateur, du laser. Il est peut-être
temps après 30 ou 40 ans d'existence de cet art technologique
de tenter d'examiner son statut esthétique; j'effleurerai ce
problème.
- Les techniques scientifiques peuvent aussi servir à analyser
les Ïuvres d'art.
ceci pour les techniques
Si par contre on examine les rapports entre l'art, ou les arts, et
les sciences pures:
-De même que des techniques scientifiques permettent une
analyse poussée des Ïuvres d'art, de même certaines
théories ou concepts scientifiques permettent d'approcher sur
le plan conceptuel des Ïuvres d'art. On peut se référer
par exemple à la théorie de l'information ou au concept
d'entropie, ou, comme le fait Changeux, à une évolution
darwinienne qui jette un éclairage très
intéressant sur le rôle du hasard dans la
création picturale.
- La science peut enfin jouer un rôle dans la conception d'un
Ïuvre artistique, un artiste peut s'inspirer de concepts
scientifiques isolés, ou bien encore il peut plus
généralement exprimer une vision du monde
inspirée par la science, exprimer une culture
scientifique.
Mais ce que je voudrais étudier ici, ce n'est pas
l'utilisation par l'art de techniques ou de concepts scientifiques,
ni une quelconque influence de la science sur l'art, mais les
rencontres naturelles, spontanées, qui peuvent avoir lieu
entre l'art et la science, le but ultime de ma démarche
étant de dépasser ces rencontres naturelles pour tenter
d'arriver à ce qui fait la spécificité de l'art
. Ces rencontres spontanées entre l'art et la science se
trouvent essentielement dans des mécanismes communs que
partagent la création artistique et scientifique, mais il y a
également des rencontres spontanées sur le plan
intuitif entre les arts et les sciences, notamment avec les
mathématiques.
Allons d'emblée à un thème qui me paraît
central pour les relations entre l'art et les sciences, et qui par
ailleurs distingue assez bien diverses catégories d'artistes,
un thème qui revient de façon incessante dans les
propos et les écrits de nombreux artistes : il s'agit de leur
combat avec la matière lors de la réalisation d'un
tableau, le combat d'un artiste avec le matériau qu'il utilise
afin de réaliser un équivalent fidèle de son
idée picturale initiale, et le fait également que
souvent cette idée évolue en cours de
réalisation, ou même parfois naît de cet
affrontement avec la matière (si bien que le peintre J.
Bazaine a pu parler de spontanéité a terme) Voici
quelques citations significatives:
-Ce matériau, j'ai découvert en lui son langage propre;
ca m'a amené jusqu'aux compressions. Après j'ai
trouvé les polyuréthanes, j'ai voulu les dominer
physiquement et intellectuellement. dit le sculpteur César
à propos de ses compressions et de sez expansions.
- tandis que Delacroix écrit dans son journal:Il est
incroyable à quel point sont confus les premiers
éléments de la composition chez le plus grand nombre
des artistes. Comment s'inquièteraient-ils beaucoup de revenir
par l'exécution sur cette idée qu'ils n'ont point
eue.
-et enfin Francis Ponge écrit à propos de Braque: Le
soin, l'application se portent sur quoi? Principalement sur
l'adéquation de la conception ausx moyens. (et non pas des
moyens à la conception comme chacun de nous dirait
d'emblée)
On pourrait croire, à la lecture de ces citations, et je
pourrais en donner beaucoup d'autres, que ce combat entre
l'idée et la matière est spécifique à
l'art, tant de nombreux artistes y reviennent avec insistance . En
fait il n'en est rien. Il est également à la base de la
recherche scientifique, c'est la méthode expérimentale
. La relation entre l'idée initiale de l'artiste et la
matière en laquelle elle s'incarnera est la même que
celle qui existe entre une théorie scientifique et
l'expérience qui la confirmera ou l'infirmera. Bien sur, et
c'est là sans doute une différence essentielle entre
l'art et la science, ce combat prend dans l'art une forme
spécifique: c'est un "corps-à-corps". Il est plus
lié au corps de l'artiste, plus immédiat, plus direct
qu'il ne l'est dans la science, si bien que l'on peut
considérer en quelque sorte l'art comme une métaphore
transparente de la science, en ce qui concerne les mécanismes
de création.
Cette relation entre l'idée de l'artiste et le matériau
se décrit naturellement, comme Pierre Mounoud et
moi-même l'avons montré, à l'aide des
mécanismes d'assimilation et d'accommodation que Piaget a
introduits pour décrire l'évolution des concepts et des
théories scientifiques. Quelle est pour Piaget l'origine ces
mécanismes? Ils sont liés à ses recherches en
biologie, ce sont les mécanismes qui régissent
l'équilibre d'un organisme vivant avec son milieu: L'organisme
assimile la nourriture provenant du dehors, la transforme pour en
faire son propre corps. Si, par contre, le milieu se modifie,
l'organisme se modifie également, s'accommode au nouveau
milieu pour utiliser les nouveaux éléments nutritifs Ce
double processus, cette dialectique, mène à
l'équilibre de l'organisme avec son milieu et
éventuellement à son évolution.
Pour Piaget il y a continuité entre le biologique et
l'intelligence, l'intelligence étant "l'instrument" le plus
perfectionné pour arriver à l'équilibre d'un
organisme vivant et de son milieu, si bien qu'il utilise les
mêmes mécanismes pour décrire l'assimilation
d'une idée par l'intelligence, d'un phénomène
par une théorie, que pour décrire l'assimilation de la
nourriture par un organisme . Ainsi dans les sciences lorsque
l'expérience confirme la théorie, il y a assimilation
de cette expérience par la théorie. Si, par contre, un
fait expérimental est en désaccord avec la
théorie, celle-ci doit s'accommoder à ce fait nouveau,
il y a évolution de la théorie. L'histoire des sciences
est une succession incessante de telles assimilations et
accommodations
Et dans l'art, comment ces mécanismes interviennent-ils?
Lorsqu'un artiste façonne le matériau qu'il utilise en
fonction de son idée picturale, il y a assimilation de ce
matériau à son idée, par contre lorsque
l'idée évolue lors du travail du matériau, ou
s'adapte au matériau, c'est l'accommodation de l'idée
de l'artiste au matériau. Prenons deux cas
extrèmes:
L'Ïuvre de Vasarely est manifestement me semble-t-il une Ïuvre
où l'idée de l'artiste domine le matériau, il y
a assimilation du matériau à l'idée,
l'idée n'est pas destinée à être
modifiée en cours de réalisation, après que les
esquisses aient été mises au point, si bien que la
réalisation peut être confiée à des
éxecutants.
De même dans une peinture orientale qui est la
réalisation d'une idée longuement
préparée dans la pensée et les muscles de
l'artiste, puis réalisée d'un jet et sans repentir, il
y a également mais d'une autre façon, assimilation du
matériau à l'idée de l'artiste . C'est aussi le
cas de ma propre peinture, et ce n'est en fait que par le
détour de l'épistémologie
génétique et de ces notions d'assimilation et
d'accommodation que j'ai pu accepter le bien fondé de
l'attitude différente de la plupart des peintres occidentaux,
décrite dans les citations que j'ai données tout
à l'heure.
L'Ïuvre de César, par exemple, est essentiellement soumission
au matériau et à la technique qu'il utilise
(compression, expansion), elle fait donc intervenir plus que toute
autre l'accommodation de l'artiste au matériau.
Cette dialectique entre assimilation du matériau par
l'idée et accommodation de l'idée au matériau
est la base même de I'Ïuvre de nombreux artistes occidentaux.
Le tableau en cours de réalisation et l'idée ou l'image
mentale de l'artiste évoluent chacun jusqu'à ne faire
qu'un aux yeux du peintre. C'est le sens de cette phrase a priori
mystérieuse de Braque: Le tableau est achevé lorsqu'il
a effacé l'idée
Par ailleurs l'usage d'un matériau nouveau amène chez
le peintre une inspiration neuve en brisant ses habitudes: elle
oblige à une reconstruction de la main et de l'esprit de
l'artiste . Il y a d'abord recul, et l'on reconnaît que la
reconstruction est réalisée à ce que les Ïuvres
réalisées par l'artiste avec ce nouveau
matériau, ou cette nouvelle technique, deviennent semblables
à celle qu'il réalisait avant l'usage de ce
matériau, mais enrichies.
Dans ce même esprit, on comprend que l'usage d'une technologie
nouvelle puisse modifier l'art. Une parenthèse, donc:
Concernant cet art technologique deux attitudes extrêmes
correspondent à deux "maladies de jeunesse" opposées,
de l'utilisation d'une nouvelle technologie. L'une consiste à
vouloir réaliser avec les nouvelles techniques des Ïuvres dont
la nature correspond aux techniques utilisées
préalablement, ne pas adapter son idée aux nouvelles
techniques, autrement dit ne pas l'accommoder à ces nouvelles
technologies. C'est ce qui s'est passé au début de
l'utilisation de la photographie lorsque des artistes ont voulu
imiter avec ce nouvel instrument les tableaux pompiers... De
même, on déploie des efforts considérables pour
réaliser avec l'ordinateur une texture qui ressemble à
celle de l'aquarelle ou à celle de la peinture à
l'huile. Un autre exemple peut-être encore plus frappant, c'est
celui des premières automobiles dont la forme était
celle de calèches dont on aurait simplement enlevé les
brancards.
L'autre façon extrême et assez fréquente
d'utiliser une nouvelle technologie consiste pour un artiste à
se satisfaire de sa seule nouveauté, à y trouver une
fin en soi, c'est-à-dire ne pas assimiler la technique
à ses idées, mais procéder uniquement par
accommodation à cette nouvelle technologie. Sans doute cette
attitude est-elle porteuse d'avenir, se lancer à corps perdu
dans l'exploration des possibilités d'un matériau,
d'une technique, est une façon vivante d'en faire
connaissance. Mais ce n'est qu'un début, deux principes
directeurs devraient me semble-t-il présider à la
réalisation d'Ïuvres à partir de nouvelles
technologies. Le premier c'est que l'Ïuvre soit conforme à la
"nature" de la technologie ou disons plus simplement, qu'elle
exploite au mieux ses possibilités, c'est-à dire qu'il
y ait accommodation de l'idée de l'artiste au matériau,
c'est ce que disait Francis Ponge à propos de Braque dans la
citation que j'ai donnée: Le soin, l'application se portent
sur quoi? Principalement sur l'adéquation de la conception
ausx moyens. Le second principe c'est que l'Ïuvre soit
"intéressante" qu'elle ait un intérêt artistique
autre que le simple attrait d'une technologie nouvelle, autrement dit
qu'il y ait assimilation du matériau à l'idée de
l'artiste, qu'elle soit conforme à la "nature" de
l'artiste.
Remarquons que la maîtrise d'une nouvelle technologie, d'un
nouveau matériau enrichit en retour les techniques ou
matériaux précédents. L'influence de la
photographie sur la peinture est claire. Elle a commencée avec
Degas, dans le cadrage de ses peintures, et elle se poursuit
jusqu'à nos jours. Il y a aussi, et c'est peut-être
encore plus important, l'influence par opposition de la
photographie...réaliser à la peinture à l'huile
un portrait "ressemblant" perdait avec l'invention de la photographie
une grande partie de son intérêt; la "ressemblance"
appelle irrésistiblement de nos jours l'adjectif
"photographique". Par contre quelle ressemblance inattendue et forte
dans un portrait de Bacon!
Après cette digression sur l'art technologique, revenons de
façon générale à la lutte de l'artiste
avec le matériau qu'il utilise. Dire que cette lutte avec la
matière peut se décrire, en ce qui concerne l'art, avec
des mécanismes qui ont étés introduits pour
décrire l'évolution des sciences, c'est dire qu'elle
n'est pas spécifique à l'art . Il faut donc regarder la
création d'une Ïuvre plus en détail pour tenter
d'arriver à ce qui fait véritablement la
spécificité de l'art.
Suivons donc cette création d'un tableau depuis le
début, en commençant par la perception du réel
par l'artiste, ou plus généralement par son idée
picturale initiale, et en allant jusqu'au tableau achevé. A
chaque étape on reconnaîtra alors une structuration du
réel, d'abord dans la perception, ensuite dans ce que l'on
pourrait appeler le langage de l'art, enfin dans la structuration du
matériau que l'on vient de voir, et l'on trouvera parfois des
rencontres innatendues, ainsi d'ailleurs que des différences,
avec la science, qui elle aussi est structuration du réel.
Commençons donc par la perception du réel
Les concepts d'assimilation et d'accommodation introduits tout
à l'heure pour décrire la lutte de l'artiste et du
matériau, permettent également de décrire la
structuration du réel dans la perception, perception dont
Piaget affirme qu'il "existe des analogies telles qu'on aurait peine
à dire où s'arrête l'activité perceptive
et où commence l'intelligence ". et Cézanne avait cette
belle formule:"ce que pensent nos yeux".
Ecoutons le sculpteur Henry Moore décrire sa perception des
formes: "Parfois je suis allé plusieurs années de suite
à la même plage. Mais chaque année une nouvelle
forme de galets attirait mon attention, forme que je n'avais
guère vue auparavant quoiqu'elle fut présente par
centaines. Parmi les milliers de galets que je rencontre sur la
plage, mes yeux choisissent de ne voir que ceux dont la forme
correspond à mes intérêts formels du moment. Il
se passe tout autre chose si j'en examine une poignée un
à un. Alors je peux étendre mon expérience
formelle, en donnant à mon esprit le temps de devenir sensible
à une autre forme" . On reconnaît dans la
première partie de cette citation .."mes yeux choisissent.de
ne voir que ceux dont la forme correspond à mes
intérêts formels du moment.". I'assimilation des galets
aux intérêts formels du moment de Henry Moore, puis dans
la seconde partie ..Alors je peux étendre mon
expérience formelle.. I'accommodation de ces
intérêts formels à une nouvelle forme de galets.
Ceux d'entre vous qui ont eu la chance d'aller voir les Ïufs de
dinosaures à la montagne Sainte Victoire connaissent bien ce
phénomène: au début on n'aperçoit pas de
restes de coquilles d'Ïuf, puis dès que l'on en a vu un,
autrement dit que l'on a accommodé à ces formes, on en
aperçoit une grande quantité. Dans ce même esprit
l'architecte et paysagiste japonais Isamu Nogughi écrit: Il
est vrai que nous venons à chaque expérience avec nos
propres limites et ne voyons que ce à quoi nous sommes
préparés .
Passons au langage pictural:
Comment l'artiste exprime-t-il sa structuration du réel? Par
un prélangage constitué de signes assemblés
entre eux de la même façon qu'une langue, est faite de
mots organisés par une grammaire. (Il ne s'agit
évidemment pas en ce qui concerne la peinture d'un langage
proprement dit ou les symboles auraient une signification
codée, c'est pourquoi je parle de prélangage).
Certains artistes commeTal-Coat, s'attachent surtout à la
création de formes élémentaires, de signes, il a
crée des signes qui expriment la quintessence des
éléments du paysage aixois D'autres artistes
s'attachent au contraire surtout aux relations entre les formes.
C'est le cas de Mondrian, de Sonia Delaunay, ou encore de Vasarely,
qui utilisent un nombre restreint de formes, carré, cercle,
pour qu'apparaissent mieux les relations entre elles. D'autres
artistes enfin, comme Van Gogh dans ses paysages de la Crau, ou Miro
dans ses peintures de l'époque de "la Ferme"
établissent un équilibre entre ces deux aspects, chaque
élément du paysage est représenté par un
signe très caractérisé, et ces signes sont
assemblés dans une composition rigoureuse.
Comment l'artiste crée-t-il les signes? et quelle est la
nature de l'ordre qu'il établit entre ces signes?
-La création de signes chez un artiste se fait par une
identification musculaire intériorisée à l'objet
qu'il représente. "Après m'être identifié
à lui, il me faut créer un objet qui ressemble à
l'arbre, le signe de l'arbre " écrit Matisse, ou encore:
"c'est en rentrant dans l'objet qu'on rentre dans sa propre peau.
J'avais à faire cette perruche avec du papier de couleur. Eh
bien! Je suis devenu perruche. Et je me suis retrouvé dans
l'Ïuvre", et de façon encore plus significative
peut-être: " j'ai exécuté ma sculpture Jaguar
dévorant un lièvre, d'après Barye, m'identifiant
à la passion du fauve exprimée par le rythme des
masses.. Cette identification musculaire à l'objet dans une
sorte de transe , voilà pourrait-on croire quelque chose qui
est spécifique à l'art. Eh bien non ! Voici par exemple
ce qu'écrit Jacques Monod dans "le Hasard et la
Nécessité" Tous les hommes de science ont dû, je
pense, prendre conscience de ce que leur réflexion au niveau
profond, n'est pas verbale: c'est une expérience imaginaire,
simulée à l'aide de formes, de forces, d'interactions
qui ne composent qu 'à peine une image au sens visuel du
terme. Je me suis moi-même surprls, écrit-il,n 'ayant
à force d 'attention centrée sur l'expérience
imaginaire plus rien d'autre dans le champ de la conscience, à
m'identifier à une molécule de protéine.".;
surprenante citation qui montre que ce n'est pas toujours avec de
bons sentiments rationalistes que l'on fait de la bonne science!
La pensée scientifique, à l'état naissant, n'est
donc pour nombre de scientifiques, pas plus une pensée verbale
que ne l'est celle des artistes. Qu'il suffise encore pour s'en
convaincre de citer Einstein qui dans une lettre au
mathématicien Jacques Hadamard se plaignait de la
difficulté extrême qu'il avait à traduire en mots
et en formules sa pensée scientifique qui, jusqu'à un
stade avancé du raisonnement, se présentait à
lui sous forme d'images et plus encore d'impulsions musculaires.
On ne s'étonnera d'ailleurs pas de l'aspect musculaire, si
j'ose dire, de la pensée si l'on a présent à
l'esprit le fait que pour Piaget il y a continuité entre la
pensée et nos tous premiers réflexes. Quoi qu'il en
soit, ces considérations donnent me semble-t-il une nouvelle
justification à un art gestuel, ou a un art où l'aspect
musculaire est important comme, par exemple dans les esquisses de
Rubens ou de Delacroix. Un tel art me semble être l'expression
privilégiée de la pensée naissante dans son
jaillissement.
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